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Pourquoi faut-il mieux comprendre la douleur?

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  • Pourquoi faut-il mieux comprendre la douleur?

    Bonjour,

    Mon nom est Erik Ouellet. ostéopathe originaire du Québec et pratiquant à Montréal. J'ai reçu l'invitation de participer à ce forum et de publier le texte ci-dessous que je fais présentement circuler sur FB.

    Composé par moi-même avec la participation de Carol Lynn Chevrier, ce texte expose explicitement la nécessité dont tout thérapeute se doit, de bien comprendre les mécanismes neurologiques de la douleur, pour bien l'enseigner à leurs clients, dans le cadre d'un modèle biopsychosocial.
    Vos commentaires et critiques sont les bienvenus.

    Pourquoi faut-il mieux comprendre la douleur?

    Depuis plus de 25 ans, et ce de façon quasi inaperçue, la neuroscience de la douleur opère une véritable révolution.(1, 2, 3) Plusieurs études probantes effectuées dans le domaine, démontrent que la douleur n'est pas exclusivement le produit de dysfonctions tissulaires, muscolosquelettiques ou posturales. (4, 5, 6) Celle-ci serait plutôt un phénomène émergeant de la condition humaine et tributaire de facteurs affectifs, sensoriels et cognitifs et contextuels. (7)
    À notre avis, il est essentiel aux thérapeutes manuels québécois, de mieux comprendre la douleur en sa qualité de système de protection très sophistiqué, indispensable à tout processus de guérison. (8) Pour autant qu'il soit hyperexcité, ce réseau complexe de signaux neurologiques peut malheureusement devenir un fardeau, tel un système d'alarme devenu beaucoup trop sensible. (9) Partie intégrale de la DermoNeuroModulation (DNM), schéma théorique développé par la Physiothérapeute canadienne, Diane Jacobs; cette nouvelle compréhension de la douleur est incontournable et au coeur de la rencontre thérapeutique. (10)

    Il a été démontré que la perception de la douleur peut être influencée par l'état émotionnel d'un individu et que la seule peur d'avoir mal, peut contribuer en elle- même à un cercle vicieux d'hypervigilence et de catastrophisme. (11, 12) À cet égard, Il est important pour tout thérapeute de bien saisir à quel point l'intensité de la douleur offre une impression inadéquate de la santé des tissus et des lésions tissulaires.

    S'inscrivant dans le modèle biopsychosocial,(13) la science de la douleur explique comment la perception de celle-ci peut varier d'intensité selon son contexte actuel ou passé, selon l'éducation et selon le soutien offert par la famille, la communauté et le milieu de travail du patient qui en est aux prises. (14) Plusieurs études démontrent des résultats favorables quant à l'application d'une approche pédagogique dans un contexte thérapeutique. En effet, une meilleure compréhension du phénomène douloureux en lien avec les neurosciences, peut participer de façon significative et positive, au processus de réhabilitation et de gestion de la douleur. (15, 16, 17, 18, 19)

    Mais, pour un thérapeute manuel, bien comprendre la douleur n'est pas suffisant. Encore, lui faudra-t-il être à même de transposer cette compréhension vers l'approche clinique.


    La DNM est née de la nécessité d'un schéma conceptuel faisant le pont entre la science de la douleur et la thérapie manuelle. La DNM est un modèle d'intervention qui espère délaisser la conception erronée et surannée de la thérapie manuelle en tant qu'intervention visant à corriger les défectuosités mécaniques du corps. Une méthode tentant plutôt de promouvoir une approche clinique interactive et conversationnelle, visant l'atteinte de l'autonomie du client, face à son problème douloureux.

    Nous souhaitons que tous les thérapeutes soient en mesure d'apprécier la charge et la pertinence de cette citation de David Butler, physiothérapeute, écrivain, chercheur en neuroscience de la douleur et formateur :

    ''Nous ne traitons pas l'anatomie, mais bien la physiologie.''


    -Erik Ouellet et Carol Lynn Chevrier

    Références

    1. Melzack, Ronald, and Joel Katz. "Pain." Wiley Interdisciplinary Reviews: Cognitive Science WIREs Cogn Sci 4.1 (2012): 1-15. Print.

    2. Ronald Melzack and Joel Katz; Pain in the 21st Century: The Neuromatrix and Beyond. PSYCHOLOGICAL KNOWLEDGE IN COURT 2006, Section 3, 129-148

    3. Moseley, G. Lorimer. "Reconceptualising Pain According to Modern Pain Science." Physical Therapy Reviews 12.3 (2007): 169-78. Print.

    4. Lederman E. The fall of the postural-structural-biomechanical model in manual and physical therapies: exemplified by lower back pain. J Bodyw Mov Ther. 2011 Apr;15(2):131-8.

    5. Lederman E; The myth of core stability. J Bodyw Mov Ther. 2010 Jan;14(1):84-98

    6. Pattyn E, Rajendran D. Anatomical landmark position – Can we trust what we see? Results from an online reliability and validity study of osteopaths. Manual Therapy Volume 19, Issue 2, April 2014, Pages 158–164

    7. Ronald Melzack; Pain and the Neuromatrix in the Brain. Journal of Dental Education December 1, 2001 vol. 65no. 12 1378-1382 (FULL ACCESS)

    8. Legrain V, Iannetti GD, Plaghki L, Mouraux A.; The pain matrix reloaded: a salience detection system for the body. Prog Neurobiol. 2011 Jan;93(1):111-24

    9. Latremoliere A, Woolf CJ. Central sensitization: a generator of pain hypersensitivity by central neural plasticity. J Pain. 2009;10(9):895–926

    10. Moseley, G. Lorimer. "Teaching People about Pain: Why Do We Keep Beating around the Bush?" Pain Management 2.1 (2012): 1-3. Print.

    11. Bayer, Timothy L., John H. Coverdale, Elizabeth Chiang, and Mark Bangs. "The Role of Prior Pain Experience and Expectancy in Psychologically and Physically Induced Pain." Pain 74.2 (1998): 327-31. Print.

    12. Jensen MP, Turner JA, Romano JM. Changes in beliefs, catastrophizing, and coping are associated with improvement in multidisciplinary pain treatment. J Consult Clin Psychol 2001; 69:655–662.

    13. Flor H, Hermann C. Biopsychosocial models of pain. In: Dworkin RH, Breitbart WS (Eds). Psychosocial Aspects of Pain: A Handbook for Health Care Providers, Progress in Pain Research and Management, Vol. 27. Seattle: IASP Press, 2004, pp 47–76.

    14. Moseley, Lorimer G., and Arnoud Arntz. "The Context of a Noxious Stimulus Affects the Pain It Evokes." Pain 133.1 (2007): 64-71. Print.

    15. Fillingim RB. Social and environmental influences on pain: implications or pain genetics. In: Mogil JS (Ed). The Genetics of Pain, Progress in Pain Research and Management, Vol. 28. Seattle: IASP Press, 2004, pp 283–304.

    16. Michael A Thacker and G Lorimer Moseley; First-person neuroscience and the understanding of pain. Med J Aust 2012; 196 (6): 410-411 (FULL ACCESS)

    17. George, Steven Z., John D. Childs, Deydre S. Teyhen, Samuel S. Wu, Alison C. Wright, Jessica L. Dugan, and Michael E. Robinson. "Brief Psychosocial Education, Not Core Stabilization, Reduced Incidence of Low Back Pain: Results from the Prevention of Low Back Pain in the Military (POLM) Cluster Randomized Trial." BMC Medicine BMC Med 9.1 (2011): 128. Print.

    18. Louw, Adriaan, Ina Diener, David S. Butler, and Emilio J. Puentedura. "The Effect of Neuroscience Education on Pain, Disability, Anxiety, and Stress in Chronic Musculoskeletal Pain." Archives of Physical Medicine and Rehabilitation 92.12 (2011): 2041-056. Print.

    19. Butler, David S., and G. Lorimer. Moseley. Explain Pain. Adelaide: Noigroup Publications, 2003. Print.

  • #2
    Merci Erik.
    Tu es libre de poster tout le materiel que tu veux sur ce site.

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